Obésité et tabac

L'obésité aussi dangereuse pour la santé que le tabac.
Selon une étude britannique publiée le 18 mars dernier, l'obésité sévère aurait les mêmes impacts sur la santé que le tabagisme à long terme.

Le lien entre surpoids et surmortalité est établi



Il est désormais possible d'établir une relation statistique fiable et précise entre le degré de corpulence et la diminution de l'espérance de vie. Telle est la principale conclusion pratique à laquelle aboutit une vaste étude rendue publique, mercredi 18 mars, sur le site de la revue médicale britannique The Lancet.
PLUS DE 400 MILLIONS DE PERSONNES OBESES DANS LE MONDE
L'indice de masse corporelle. Inventé par le scientifique belge Lambert Adolphe Jacques Quételet (1796-1874), l'indice de masse corporelle (IMC) se calcule en fonction du poids et de la taille. Il est exprimé en kilogramme par mètre carré et correspond au poids divisé par le carré de la taille. Un IMC élevé est un important facteur de risque de maladies chroniques comme les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l'arthrose et certains cancers.

Le surpoids correspond à un IMC égal ou su périeur à 25 et inférieur à 30. D'après les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) 1,2 milliard de personnes âgés de 15 ans et plus présentaient un surpoids en 2005 dans le monde. Ce chiffre devrait être de 1,6 milliard en 2015.

L'obésité. Elle correspond à un IMC égal ou supérieur à 30. L'OMS estime que 400 millions de personnes souffraient d'obésité en 2005 dans le monde. Elles devraient être 700 millions en 2015, selon les estimations de l'OMS.
Dirigés par le professeur Ricard Peto et le docteur Gary Whitlock, spécialistes d'épidémiologie à l'université d'Oxford, ces travaux ont été menés à partir des 57 études prospectives à travers le monde, visant chacune à étudier les liens pouvant exister entre, d'une part, l'indice de masse corporelle (IMC), calculé en fonction du poids et de la taille, et, de l'autre, la fréquence d'apparition de certaines maladies ou la durée de l'espérance de vie.

Financée notamment par les pouvoirs publics britanniques et l'Union européenne, cette analyse inclus, au total, 894 576 personnes, qui ont pu être suivies sur des périodes allant de dix à quinze ans. Lancées dans les années 1970, les 57 études prospectives avaient été menées dans différents pays européens, aux Etats-Unis, en Israël, en Australie ainsi qu'au Japon. Au total, près de 100 000 décès ont été recensés durant la période étudiée.
Les différentes analyses statistiques effectuées par les auteurs de la publication du "Lancet" permettent aujourd'hui de confirmer qu'une augmentation de l'IMC correspond à une réduction statistiquement significative de l'espérance de vie.

Plus précisément, une réduction de l'espérance de vie moyenne commence à être observée chez les personnes ayant un IMC qui dépasse une fourchette comprise entre 22,5 et 25 kg/m2. Dans les cas d'obésité modérée (soit un IMC compris entre 30 et 35 kg/m2), le risque correspond à un tiers de la mortalité prématurée due à une consommation régulière de tabac. Quant aux personnes souffrant d'obésités qualifiées de sévères (entre 40 et 50 kg/m2), elles sont exposées aux mêmes risques de mortalité prématurées que des fumeurs chroniques.
En d'autres termes, ce travail établit qu'une obésité modérée, situation qui concerne un nombre croissant de personnes dans les pays industriels comme dans certains pays en voie de développement, équivaut à une réduction de l'espérance de vie comprise entre deux et quatre années. Les obésités sévères, beaucoup moins fréquentes, sont statistiquement associées, comme la consommation de tabac, à une réduction de l'espérance de vie comprise entre huit et dix ans.

D'un point de vue inverse, une personne âgée d'une quarantaine d'année qui parvient à stabiliser son IMC à 28 kg/m2 gagne deux années d'espérance de vie par rapport à une personne qui passerait à 32 kg/m2. Ce gain serait de trois années pour des personnes qui se stabiliseraient à 24 kg/m2.
"L'IMPORTANCE NÉGATIVE DE L'AUGMENTATION DU POIDS"
Les auteurs de ces travaux ont également procédé à l'analyse des causes de décès en fonction de l'augmentation de l'IMC. A partir de 25 kg/m2,chaque palier de 5 kg/m2 supplémentaire correspond à une augmentation du risque de décès par maladie cardiovasculaire ou par accident vasculaire cérébral de 40 %; par diabète, affections rénales ou hépatiques comprise entre 60 et 120 %; par cancer de 10 %; et par maladies pulmonaires de 20 %.
Au vu de ces résultats, Richard Peto estime que pour les personnes qui sont sur le point d'entrer dans la catégorie des obésités modérées, ce serait "une bonne idée" que de parvenir à perdre quelques kilogrammes. "Ces résultats soulignent tous l'importance négative de l'augmentation du poids, indique pour sa part le professeur Arne Astrup, de l'université de Copenhague. Une augmentation - fût-elle minime - de son IMC est suffisante pour augmenter le risque d'être atteint d'une affection vasculaire ou cancéreuse."
Pour certains spécialistes, le fait que ce travail repose sur des études menées pour la plupart dans les années 1970 et 1980 ne permet pas d'avoir une vision précise de la situation actuelle, compte tenu de la progression constante du nombre de personnes souffrant de surcharge pondérale et d'obésité.
"L'obésité est devenu un nouveau problème majeur en terme de santé publique, affirme le professeur Astrup. Et chacun doit désormais être informé des différents risques médicaux auxquels il s'expose dès lors qu'il prend du poids."
Les auteurs de l'étude publiée dans le "Lancet" soulignent que leur travaux ne permettent pas de quantifier les conséquences dans les prochaines décennies, en termes de mortalité prématurée, des taux d'obésité observés aujourd'hui chez les enfants et les adolescents.


Le Royaume-Uni, qui compte de plus en plus d'obèses au sein de sa population, vient de publier une étude dans le journal The Lancet le 18 mars dernier. Selon les observations des chercheurs, l'obésité diminuerait l'espérance de vie d'autant d'années que le tabagisme à long terme.
Obésité et tabac, même combat ?
Selon les analyses des scientifiques de l'Université d'Oxford, l'obésité modérée abrègerait la durée de vie de 4 années, alors que l'obésité sévère peut l'abréger de 10 ans, tout comme un fumeur de longue durée perdrait 10 ans d'espérance de vie. Le tabagisme à long terme et l'obésité ont donc ce point commun inattendu...
On considère que les personnes ayant un IMC (Indice de Masse Corporelle) entre 30 et 35 sont touchées par l'obésité modérée, alors que un IMC entre 40 et 50 indique que l'obésité est grave. Concernant le cas de personnes obèses qui fument, les résultats n'ont pas encore été confirmés mais on se doute que cela ne doit pas être brillant.

L'auteur principal de l'étude, le professeur Richard Peto de l'Université d'Oxford, souligne : "Continuer à fumer entraîne les même risques que doubler le poids, et est trois fois plus dangereux que l'obésité modérée. Pour les fumeurs, il s'agit plutôt d'arrêter de fumer. Un changement d'alimentation n'a pas d'effet positif sur la durée de vie si on continue à fumer."

Cette étude britannique est la plus grande enquête jamais réalisée sur les conséquences de l'obésité sur la mortalité. Les chercheurs ont analysé les résultats issus de 57 études à long terme, portant sur un total de 895 000 personnes dans le monde entier.
Et en France ?
Selon l'Institut National de la Santé et de la Recherche médicale, 13 millions de Français sont en surpoids et plus de 4 millions sont obèses. Ainsi, près de 40 % des Français connaissent donc un problème de surpoids.
Les chiffres ont augmenté par rapport à il y a 10 ans, ce qui préoccupe le corps médical. Les hommes sont plus touchés que les femmes : 46,3 % ont un problème de poids contre 31,6 % des femmes. La profession peut aussi jouer sur la surcharge pondérale. Les métiers qui comptent une plus grande proportion d'obèses sont les artisans, les commerçants, les agriculteurs et les ouvriers.

Emilie RABOTTIN - le 19/03/2009 - 12h05

(source lemonde.fr)

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